Titre

la coprésence de langues dans le roman antillais francophone contemporain

Auteur Anaïs Stampfli
Directeur /trice Gilles Philippe
Co-directeur(s) /trice(s) Daniel Lançon
Résumé de la thèse Le roman francophone est souvent considéré comme le lieu d’enjeux stratégiques concernant la co-présence d’usages de langue(s). À cet égard, les Antilles présentent une situation tout à fait originale dans laquelle une « cacophonie » pourrait être envisagée comme un moyen d’expression des différentes tensions (narratives, énonciatives ou linguistiques) qui habitent le texte, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner pour les lecteurs potentiels. La cacophonie en tant que dérivé de la polyphonie semble être un outil pertinent pour appréhender le roman antillais : dans son acception idéologique, la polyphonie renvoie à une réalité plurielle. Un roman cacophonique serait quant à lui un roman qui prendrait le risque de la confusion pour présenter telle quelle une pluralité identitaire. Il s’agit pour les auteurs Créolistes d’aller à l’encontre des attentes de clarté du lecteur pour préserver sans altération aucune une identité multiple. De ce fait, le roman cacophonique permettrait au lecteur de faire l’expérience de la créolisation : il décrit une réalité que chacun perçoit d’une manière fragmentaire et différente. Égaré face à une pluralité de langues, d’histoires et de voix dont il ne comprend que des bribes, le lecteur des romans de Patrick Chamoiseau et de Raphaël Confiant, compères en Créolité, est confronté à une illustration du processus d’hybridation de langues. Il est projeté dans le cadre plurilinguistique qui a vu naître la langue créole. Nous envisagerons ainsi le roman cacophonique comme une invitation à reconsidérer métaphoriquement la naissance de la langue créole. Cependant, d’autres auteurs antillais francophones tels que Simone Schwarz-Bart, Maryse Condé et Daniel Maximin, ne partagent pas le point de vue des Créolistes. Ils considèrent que l’identité linguistique antillaise ne peut pas se réduire à une confrontation du créole et du français. Pour ces auteurs, il ne s’agit pas de reconquérir le français en le créolisant. Les romans de Maximin ne se revendiquent pas comme un terrain de confrontation dichotomique et cacophonique de langues. Il y aurait ainsi probablement une distinction à faire entre une écriture cacophonique de la confrontation de langues et une écriture polyphonique de l’harmonieuse cohabitation de plusieurs pôles linguistiques au sein d’une même œuvre. Il s’agira par conséquent pour ce travail de thèse d’analyser la structure linguistique du roman antillais francophone en prenant autant en compte sa réception que les partis pris des auteurs.
Statut
Délai administratif de soutenance de thèse
URL http://w3.u-grenoble3.fr/traverses/ecrire/spip.php?breve48
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