Information détaillée concernant le cours

[ Retour ]
Titre

[REPORT DEMANDÉ] Anthropologie de la nature en littérature

Dates

Reportée [date encore inconnue]

Organisateur(s)/trice(s)

Amandine Herzog, UNIBE

Prof. Patrick Suter, UNIBE

Intervenant-e-s

[A confirmer:]

Prof. Philippe Descola, Collège de France

Description

Cette journée d'étude s'inscrit dans le domaine de l'écocritique et porte plus particulièrement sur les relations qu'entretiennent dans les œuvres littéraires les humains avec le monde «naturel». Elle a pour but de fournir des outils d'analyse permettant de rendre compte d'états de culture représentés ou mis en œuvre dans la diversité des littératures de langue française.

Philippe Descola, professeur honoraire au Collège de France (titulaire de la chaire d'anthropologie de la nature, de 2000 à 2019), est l'auteur d'une œuvre fondamentale sur les façons dont les collectifs humains envisagent leurs relations aux non-humains (essentiellement animaux et plantes). Dans Par-delà nature et culture et les ouvrages qui ont suivi, il a formé l'hypothèse que ces différentes relations ne reposent que sur 4 ontologies différentes, qui résultent de la combinaison de 2 critères : l'intériorité et la physicalité. Par exemple, dans le naturalisme, les humains et les non-humains partagent la même physicalité mais diffèrent par leur intériorité, alors que, dans l'animisme, les humains et les non-humains ont en commun une même intériorité tout en divergeant par leur physicalité. Les deux combinaisons restantes mènent soit à l'analogisme, soit au totémisme. Ces 4 ontologies ne suffisent cependant pas à comprendre l'ensemble des relations des divers collectifs au monde «naturel», le classement des 4 ontologies étant complété par 6 relations. C'est la combinaison de ces ontologies et de ces relations qui rend le cadre d'analyse développé par P. Descola à la fois puissant et fin. Dans une démarche réactivant le structuralisme, et reposant sur la combinatoire de catégories peu nombreuses, il permet de dresser un tableau de l'ensemble des relations possibles entre les collectifs humain et le monde de la nature, et par conséquent de rendre compte de la diversité culturelle des collectifs humains. L'état de culture qui s'est développé en Europe à partir de la révolution scientifique du XVIIe siècle est fondé sur le naturalisme. Mais les productions littéraires sont loin d'être toujours fidèles à cette conception, et elles font parfois apparaître des interprétations divergentes des rapports qu'entretiennent les humains (ou des personnages) à la nature. Des arts poétiques laissent une grande place à l'analogie (du romantisme au surréalisme), des personnages de romans peuvent connaître des expériences d'«autres états» où ils vivent une relation de fraternité avec les autres vivants. La diversité de ces relations peut être liée aux contextes culturels auxquels se réfèrent les œuvres, mais aussi à des expériences intérieures (initiation, rêves, délire, etc.).

Le but de cette journée avec est d'apprendre à utiliser de façon fine les catégories qu'a développées Philippe Descola dans ses ouvrages, en combinant ce qu'il dénomme les ontologies et les relations, et en évitant d'en rester à toute interprétation naïve de son œuvre.

Durant cette journée d'étude, la matinée reposera sur des questions posées par des doctorant·e·s ou des enseignant·e·s, à partir d'exemples de leur corpus ou de réflexions sur les ouvrages de Descola. L'après-midi sera dévolu à une discussion avec P. Descola sur la base de ces exemples et de ces questions. Enfin, la journée se terminera par une conférence plénière suivie d'une discussion avec le public.

Lieu

Université de Berne

Information
Places

20

Délai d'inscription 01.10.2021
short-url short URL

short-url URL onepage