Information détaillée concernant le cours

Titre

Littérature et écritures du cas

Dates

8 mai 2018

Organisateur(s)

Prof. Muriel Pic (UNIBE), Prof. Thomas Hunkeler (UNIFR), M. Christophe Barnabé (UNIBE)

Intervenant(s)

Carlo GINZBURG (Prof. emeritus University of California - Los Angeles)

Description

Le cas est la plupart du temps un récit bref et dense narrant un épisode biographique, une expérience ou une expérimentation. Forme simple, Jolles le situe entre l’exemple (Beispiel) qui donne une forme concrète à une loi (le « par exemple » qui exemplifie) et l’exempla (Exempel) qui a vocation de modèle (exemplarité). Jolles insiste alors sur la potentialité critique du cas qui tend à contrevenir aux normes et se présente plutôt comme une anomalie.

Souvent anonyme, c’est une forme d’écriture documentaire interdisciplinaire : cas de conscience en religion, cas médical, cas juridique (et fait-divers), témoignage en histoire. Le récit de cas est de plus en plus fréquemment utilisé comme document pour l’écrivain tandis que la littérature a souvent été un réservoir de cas pour appuyer un raisonnement ou l’illustrer.

Dans l’histoire du récit de cas, on se souvient encore de la déclaration de Freud : « mes récits de cas (ou histoires de malades, Krankengeschichte) se lisent comme des romans ». Il remettait ainsi en question la notion de fiction en interrogeant le rôle de la littérature dans la science.

Chez Carlo Ginzburg, la notion de cas est discutée tant au niveau des rapports entre histoire et fiction qu’au niveau méthodologique du statut de l’anomalie. Document de l’historien, le récit de cas permet de saisir les normes en vigueur à une époque, mais aussi les fictions individuelles et collectives. Il permet également de penser la place du particulier à l’heure où dominent les approches globalisantes dans l’élaboration du savoir.

L'intérêt de la question du cas pour les études littéraires est donc multiple :

- Il interroge, entre science et fiction, les rapports de la littérature à un mode interdisciplinaire d’écriture documentaire tant au niveau de la production (l’usage des documents par l’écrivain) que de la réception (statut de document que peut acquérir le récit littéraire). 

- Il questionne par l’anonymat la notion de subjectivité (lyrique, (auto)biographique), largement discutée dans la littérature moderne et contemporaine.

- Il soulève la question méthodologique de la classification du cas littéraire (et de sa pertinence) entre style (singulier) et genre littéraire (général) ; mais aussi, dans le cadre d’une sociologie littéraire, joue avec la figure de l’auteur.

- Enfin, la question du cas est aussi une question épistémologique et politique touchant au rôle du particulier face à l’universel, question pour laquelle la littérature est partie prenante qui donne voix singulière au particulier.

 

Programme

 

Autour de Carlo Ginzburg

 

9h00 Accueil des participants

 

9h30 Allocution de bienvenue du doyen de la faculté, Prof. Dr. Stefan Rebenich

 

9h45 Présentation de la journée par Muriel Pic

 

10h Conférence de Carlo Ginzburg (titre à préciser)

Note : Le texte de la conférence en anglais sera distribué à l'avance, ainsi qu'un dossier d'articles relatifs à l'écriture du cas. La conférence aura lieu en anglais ou français (à confirmer).

 

11h Discussion (en français)

Répondants : Thomas Hunkeler et Muriel Pic

 

12h Déjeuner

 

Présentations des doctorants

 

13h30 Mathilde Zbaeren (Université de Lausanne) : « En quête d'un cas. Taches fantômes et figures absentes dans Dora Bruder (1997) de Patrick Modiano, Laetitia ou la fin des hommes (2016) d'Ivan Jablonka et Anthropologie (2011) d'Eric Chauvier »

 

14h Christophe Barnabé (Université de Berne) : « Thierry Metz et le cas de L'homme qui penche (1997) »

15h Proposition d'un 3e doctorant

 

Ouvertures

 

15h30 Christophe Imperiali (Université de Berne) : « Le cas Wagner »

 

16h Conclusion

 

 

Lieu

Université de Berne

Information
Places

20

Délai d'inscription 07.05.2018
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